L’étrange magie de la cohérence finale
Formulé, trituré, écarté, ramené en arrière, le concept finit par s’imposer : soudain, tout s’aligne, comme si des pièces éparpillées retrouvaient la bonne constellation. L’artiste sent la cohérence interne, la ligne d’horizon du futur disque. On entre alors dans la phase d’enregistrement, nourri d’un chaos parfaitement orchestré.
Pour conclure ce plongeon dans la genèse, il faut garder à l’esprit qu’aucun concept d’album ne naît jamais vraiment de nulle part, ni de manière linéaire. L’aventure est faite de croisements, de collisions magnétiques entre influences, accidents et obsessions tenaces. Ce n’est pas la première note qui donne naissance à un album, mais bien la vie entière qui la précède.
Alors, la prochaine fois qu’on découvrira un album, peut-être pourra-t-on ressentir, derrière le son, la fébrilité du carnet secret, la palette d’images mentales, et toute l’alchimie invisible qui précède la première vibration dans l’éther.