Des pionniers incompris : les années 80-90 et l’étrange destin de certains albums
Timmy Thomas – With Heart and Soul (1984)
Cet album est le parfait exemple du virage post-disco raté auprès du public. Timmy Thomas, déjà connu pour son tube « Why Can’t We Live Together » (1972), s’aventure ici sur de nouveaux territoires, mêlant boîtes à rythmes, synthés soyeux et groove soulful. Résultat ? Un flop monumental à l’époque. Les années 2000, portées par la vague chill wave et les redécouvertes électroniques, lui redonnent des couleurs, allant même jusqu’à sampler ses beats sur des productions house.
Pour l’anecdote, Thomas fut samplé par Drake pour « Hotline Bling » en 2015, prouvant que le flair paie toujours sur le long terme (Source : The Fader).
Terrence Trent D’Arby – Vibrator (1995)
Après le carton planétaire de « Introducing the Hardline... », le génial Terence revient avec « Vibrator », synthèse audacieuse entre ses racines soul et des textures électroniques avant-coureuses. L’album, jugé trop bizarre pour les uns, trop pop pour les autres, passe inaperçu. Pourtant, réécouté aujourd’hui, on y perçoit des ébauches de ce que deviendront la nu-soul et l’électro-R&B des années 2000 (Voir : BBC Music Review).
Dâm-Funk – Toeachizown (2009)
Certains diraient que Dâm-Funk n’a jamais vraiment cartonné en dehors d’un cercle d’initiés. Mais Toeachizown, double album sorti chez Stones Throw, puise dans la g-funk et la deep soul tout en injectant des synthés analogiques dignes des meilleurs laboratoires 80’s. Un disque panoramique qui n’est plébiscité que bien plus tard, alors qu’il posait déjà les bases de la modern funk et de la beat scene.
- L’album atteint à peine la 14ème place du classement Billboard Heatseekers Albums à sa sortie (Source : Billboard).