Du rêve à la réalité : l’album concept, kézako ?
Qu’on l’appelle “concept album” ou “chef d’œuvre narratif”, l’album concept fascine, secoue, divise. Ce format n’est pas qu’un assortiment de titres alignés comme les perles d’un collier. Il a du goût, du relief, une direction. Il tisse des fils rouges, qu’ils soient thématiques, narratifs ou sonores, là où l’album « classique » séduit plutôt par son éclectisme ou sa couleur musicale.
L’album concept, tel un roman, articule ses morceaux autour d’un axe — récit, idée fixe, ambiance, personnage, voire délire pur — pour offrir à l’auditeur une traversée entière, parfois à contre-courant du streaming et de ses playlists morcelées. Le but ? Construire une histoire qui s’écoute, se ressent et se parcourt — un trip immersif, du premier souffle au dernier frisson.
Selon Rolling Stone, le premier album qu’on pourrait qualifier de “concept” serait “In the Wee Small Hours” de Frank Sinatra (1955), centré sur la solitude et le cafard nocturne. Mais c’est bien dans les Sixties avec les Beatles et les Beach Boys que la boussole s’affole.