Trois albums électro récents qui racontent une vraie histoire
1. Jon Hopkins – “Music for Psychedelic Therapy” (2021)
Connu pour ses explorations émotionnelles et sensorielles, Jon Hopkins s’est éloigné avec cet album des structures traditionnelles du beatmaking. Ici, il navigue entre ambient et musique méditative, chaque titre servant de chapitre à une quête intérieure. Les morceaux, dépourvus de rythmiques martelées, proposent un “voyage sans retour possible” selon le Guardian, s’inspirant de son expérience de la transe induite lors de cérémonies en Amazonie.
L’album, pensé pour « accompagner des états modifiés de conscience » (Hopkins pour Pitchfork), s’offre comme un sanctuaire auditif, où le fil narratif se tisse d’un souffle à l’autre, propulsant l’auditeur bien au-delà de la simple écoute de salon.
- Track essentiel : Sit Around The Fire — une collaboration avec Ram Dass, entre piano solaire et voix samplée sur cassette, qui guide l’auditeur à travers une méditation quasi-mystique.
- Fun fact : L’album a été enregistré majoritairement en studio mobile, entre l’Équateur et les Highlands écossais, pour capter “l’énergie du lieu” (NME).
2. Bicep – “Isles” (2021)
Le duo nord-irlandais façonne sa propre mythologie électronique avec “Isles”, un album conçu comme une méditation sur l’identité, la mémoire, le rapport à l’exil. Entre techno, breakbeat et nostalgies rave, chaque morceau fait office de carte postale mentale, muant le dancefloor en journal intime. The Wire parle d’un “paysage de souvenirs réfractés”, où chaque sample, chaque montée, se déploie comme un flashback.
- Track essentiel : Apricots, qui tisse polyphonies vocales malawites et pulsations électroniques dans un motif à la Steve Reich : répétition, variation, émotion imprévisible.
- Narration : L’album compte près de 1300 samples potentiels récoltés par les deux membres, affinés en 18 mois pour aboutir à un récit fluide (interview NME).
3. Skee Mask – “Pool” (2021)
Loin des lignes droites de la techno, Skee Mask (Bryan Müller) offre un monolithe électronique de 18 titres, sommet du storytelling auditif sur la scène berlinoise. Drum’n’bass feutrée, breakbeat, ambient stratosphérique : chaque piste surgit comme une scène de film. “Pool” s’écoute comme on regarderait un long-métrage muet, chaque motif rythmique incarne un personnage, chaque glitch une idée fugace.
- Track essentiel : Rdvnedub – là où l’espace entre les beats devient récit, oscillant entre tension et apaisement sur près de huit minutes.
- Fait marquant : L’album a été composé pour être « inséparable de l’ordre d’écoute », Skee Mask l’ayant distribué intégralement sur Bandcamp, refusant pendant de longs mois le format streaming fragmenté (détail sur Resident Advisor).